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Le goût du monde

Le goût du monde

Très tôt dans mon enfance, puis dans l’adolescence, j’ai ressenti le besoin profond de comprendre le monde. L’injustice et le déséquilibre me faisaient déjà mal. Face à mes questions sans fin et à leurs explications qui ne suffisaient plus, mes parents m’ont offert un cadeau inestimable :

“Va, ma fille ! Va découvrir le monde ! Vois par toi-même ! Ouvre ton horizon et forge-toi tes propres opinions.”

J’avais 17 ans.

Et je suis partie.

Seule.

En Israël.

J’ai travaillé dans un orphelinat près de Haïfa. J’ai découvert un pays, une langue, une histoire… et tellement plus. Les enfants dont j’avais la charge faisaient partie de ces êtres extra-ordinaires que la vie vous offre comme des rencontres charnières.

Polyhandicapés lourds, parfois sans espoir de grandir, ils m’ont transmis l’amour, la tolérance, la patience… et la VIE, avec un grand V.

Celle qui commence un jour et se termine un autre, parfois plus vite que prévu.

Najla faisait partie du personnel de nuit. Chaque nuit, nous veillions ensemble sur le sommeil des enfants. Malgré la barrière de la langue, nous refaisions le monde, dans le silence des dortoirs. Et au petit matin, Najla préparait un café.

Un café aussi fort que la nuit était noire. Un café qui retournait mes intestins… Mais que je buvais.

Non pas pour son goût, il était beaucoup trop fort. Ni par envie, j’aurais rêvé d’un jus de fruit.

Mais pour le rituel.

Le premier café du matin.

Celui que je n’aurais manqué pour rien au monde.

Les gestes de Najla, précis, répétés chaque jour, avaient quelque chose de sacré. Pendant qu’elle le préparait, nous ne parlions pas.

Le silence avait sa propre chaleur. Puis venait le moment de boire, avec mes grimaces discrètes, et enfin… celui que j’aimais par-dessus tout : retourner la tasse, observer le marc de café qui avait glissé le long des parois, et lire l’avenir dans ses formes étranges.

Est-ce que j’y ai cru ?

Je ne sais pas. Et peut-être que ce n’est pas la question.

Car 29 ans plus tard, je reste émerveillée chaque fois qu’au fond d’une tasse se dessine un message.

Jacqueline

Graindorge Ginette

Oui Jacqueline, tu as raison le rituel, mais surtout le partage du rituel est quelque chose d’émouvant et que l’on comprend mieux lorsqu’on n’a pu le partager.

Il y a aussi la lecture du café qui s’inscrit dans le fond de la tasse… Et la surprise de la révélation quand on rencontre quelqu’un qui sait la lire.

Avec amour 🌟🩷🌸

Graindorge Ginette j'ai toujours aimé les rituels, les vivre, les préparer ( j'en ai créé plein pour les enfants, les familles et l'équipe avec laquelle j'ai travaillé durant 23 ans)et surtout les partager. Pour moi c'est mettre le sens des choses, des événements et des gens au centre de la Vie.

as-tu des rituels dans ton quotidien? ou un rituel vécu qui t'a particulièrement marqué?

douce journée à toi, rayonnante Gi❤️