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Lettre ouverte à mon cœur

Lettre ouverte à mon cœur

Jacqueline,

Tu peux te permettre de…

Tu peux te permettre de laisser ton souffle devenir plus lourd, plus vrai, plus vivant.

Tu peux te permettre de sentir, là où le thorax s’ouvre à peine, cette vibration minuscule qui ressemble à un frémissement d’aile.

Tu peux te permettre de laisser monter ce qui monte, même si tu ne sais pas lui donner un nom, même si tu n’as pas d’histoire à raconter, même si tu ne comprends pas pourquoi ça cogne, pourquoi ça presse, pourquoi ça cherche la sortie.

Jacqueline,

Tu peux te permettre de pleurer. Pas pour expliquer.

Pas pour justifier.

Pas pour prouver que tu souffres, que tu es triste, que tu traverses quelque chose de visible. Tu peux te permettre de pleurer simplement parce que ton corps le demande.

Parce qu’il sait mieux que toi quand il est temps de relâcher, de délier les fils, de décrocher les épingles plantées dans la cage thoracique.

Tu peux te permettre de pleurer pour ouvrir une porte que tu avais refermée sans le vouloir, pour laisser couler la part de toi qui n’a plus envie d’être retenue.

Tu peux te permettre de laisser des larmes couler sans honte, sans retenue, sans te tenir droite, impeccable, forte à tout prix.

Tu peux te permettre d’être humaine, entièrement humaine, avec ta douceur, tes vulnérabilités, tes élans et tes silences.

Tu peux te permettre de pleurer parce que c’est une manière de dire :

« Je suis vivante. Je traverse. J’avance. Je laisse tomber ce qui pèse. » Et à toi qui lis ces mots,

Toi qui depuis longtemps retiens ton souffle pour ne pas fissurer la façade, toi qui avales tes sanglots pour rester solide, fiable, impeccable…

Toi qui associes encore les larmes à un effondrement, à une faiblesse, à un risque… Toi aussi, tu peux te permettre.

Tu peux te permettre de laisser l’eau remonter du dedans comme une source oubliée.

Tu peux te permettre de laisser ton visage se mouiller sans t’excuser.

Tu peux te permettre de te montrer vraie, même si le monde ne t’a pas appris à le faire. Tu peux te permettre de dire :

« Ça déborde, et c’est bon signe. Ça circule. »

Jacqueline, tu peux te permettre de pleurer pour accueillir ta nouvelle vie.

Et toi qui lis, tu peux te permettre de pleurer pour accueillir la tienne.

Parce qu’il n’y a pas de force plus grande que celle d’un être humain qui se laisse traverser par sa propre vérité.

Jacqueline

Après t’avoir lue , me permettre de laisser couler des larmes de joie et de bonheur …🩷🌟🌸, les autres sont sèches depuis déjà un moment et j’en suis heureuse ⭐️