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Fin d'après-midi

Fin d'après-midi

Un matin, la banque m'appelle en urgence.

J'ai vingt-six ans. Je suis gérant minoritaire d'une petite entreprise de conseil en placement immobilier, associé avec trois autres personnes. La voix au téléphone m'annonce que les comptes sont dans le rouge. À sec.

L'un des trois les a vidés.

J'appelle un autre associé, nous fonçons. Nous arrivons devant sa maison en fin d'après-midi. Des affaires abandonnées sur le trottoir, l'intérieur quasiment vide, et lui nulle part. Il y aura une enquête de gendarmerie. Personne ne le retrouvera jamais.

Je m'effondre dans ma voiture. Le souffle court, le cœur qui cogne.

Ce n'est pas une crise de panique. Je sais à quoi elles ressemblent, et celle-là n'en était pas une. C'était plus simple, et pire.

Cet homme était plus âgé que moi. Depuis quelques mois il était mon mentor, c'est lui qui m'avait embarqué dans l'aventure. Ce que j'ai ressenti là, sur ce siège, porte un nom précis : la trahison.

Je voudrais pouvoir te dire que je me suis redressé, que j'ai respiré profondément et que j'en ai tiré une belle leçon avant la tombée de la nuit. Rien de tout ça. Ce jour-là, je n'ai pas tenu. Et les mois qui ont suivi ont été une descente aux enfers.

Ce qui m'a relevé, je te le raconte bientôt.

Quel jour n'as-tu pas tenu, et qui l'a su ?

Jean-Marc

Marie-Ange Colin

Si souvent, et personne ne l’a su...