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Qu’est-ce que les fraises TAGADA ont à voir avec la gestion de conflit ?

Qu’est-ce que les fraises TAGADA ont à voir avec la gestion de conflit ?

Souvent, lorsque les difficultés arrivent ou qu’il y a un désaccord, je commence par me taire. Puis je m’enferme dans le mutisme… et cela peut durer plusieurs heures.

C’est un schéma que je me connais que trop bien. Et je sais aussi ce que cela provoque dans la relation… le mutisme m’enferme et restreint aussi l’espace de la relation, qui soudain n’existe plus.

J’ai la sensation que la tension monte puis quelque chose en moi se ferme… Il me dit : « Dis-moi au moins quelque chose… » et je me referme encore plus comme une huître qui se cache.

Je reste là, dans ce silence trop serré qui finit par peser plus lourd que les mots que je n’arrive pas à dire. Je sens le monde se rétrécir autour de moi, comme si chaque seconde ajoutait une pierre de plus entre nous. Je me cache derrière ce mutisme comme derrière une armure, mais je sais qu’il n’est qu’une façon maladroite de dire : « j’ai peur », « je suis blessée », « je ne veux pas te perdre ».

Et pourtant, il suffirait peut-être d’un souffle pour fissurer le mur. Un souffle, ou un mot simple, fragile, maladroit peut-être, mais vivant. Parce que ce silence que je crois protecteur étouffe tout : ma voix, ton regard, et la possibilité même d’un pont entre nous.

Je veux apprendre à faire autrement. À rester en présence même quand tout tremble en moi. À laisser un fil ouvert, même minuscule , juste assez pour dire : je suis encore là. Pas encore prête à parler peut-être, pas capable d’expliquer tout de suite, mais pas disparue derrière mes murs.

Nous avons fini par en parler, encore, et nous dire qu’un code entre nous pouvait être une idée à explorer. Parce que les impasses ça suffit, ça ne fait pas avancer.

Un code qui dit : j’ai entendu, je te vois, je te reconnais, mais j’ai besoin de temps avant de revenir vers toi.

Ce code c’est TAGADA pour nous, parce qu’il fallait trouver un mot simple, hors zone de conflit, facile à se rappeler et qui d’entrée de jeu remet de la hauteur et une forme de légèreté.

Et puis aussi parce que j’adore les fraises TAGADA…

Cela a créé un espace qui peut respirer, même au milieu de la tempête. Un espace où ni lui ni moi ne sommes abandonnés, où la relation ne se referme plus comme une porte brusquement claquée.

Ce code tient en un mot, TAGADA mais il change tout. Il dit : je ne te fuis pas, je me régule.

Il dit : ta place reste là, même si je dois m’écarter un moment pour retrouver mon centre.

Et dans cet entre-deux, quelque chose se détend. La pression retombe, les projections cessent de s’empiler, et la peur de perdre l’autre n’a plus besoin de se déguiser en colère ou en retrait. On peut souffler. On peut attendre. On peut se retrouver sans violence ni urgence. Ce code, c’est notre petite lumière allumée à la fenêtre lorsqu’il fait un peu trop sombre dans notre relation.

Je ne suis pas encore disponible maintenant, mais je ne suis pas partie.

Je reviendrais quand les mots seront prêts, quand mon cœur aura cessé de trembler. C’est trouver la manière de rester reliés, même quand j’ai besoin de m’éloigner.

C’est inventer ensemble des chemins pour se rejoindre, même au milieu du silence. Parce qu’au fond, ce n’est pas le silence qui blesse : c’est l’absence de signe.

Alors oui TAGADA peut ressembler à une formule magique de loin, mais c’est bien plus ! C’est l’engagement que je prends envers moi-même de ne pas rester murée dans mes silences mais d’en faire une porte qui s’ouvre pour nous retrouver .

Jacqueline

sylvia Masson

Moi aussi je m'enferme dans le silence et la distance lorsque je me sens blessée, meurtrie ou en colère et que j'ai peur de ne pas avoir les bons mots. Dans ces moments là j'ai besoin de ma bulle, et ça peut durer des semaines. Alors je ne sais plus comment sortir de cette bulle ce qui renforce frustration et colère. Jusqu'à ce que la tempête éclate, plus ou moins destructrice... Un code, excellente idée que je vais proposer et peut-être essayer.

Merci Jacqueline, infiniment

sylvia Masson un code n'est évidemment pas une baguette magique. Et je dois t'avouer que ça ne marche pas du premier coup. Dernièrement on s'est dit mutuellement, après coup, que ça aurait été une bonne occasion d'utiliser notre code...mais dans la tempête...ça n'est pas venu spontanément... comme quoi rien ne vient facilement. il n'empêche qu'on a souri tous les deux en pensant qu'on n'y avait pas pensé.

Marie-Ange Colin

Merci Jacqueline. C'est un des endroits où je me trouve actuellement...face au mutisme en face et à mes propres peurs qu’il engendre.

Marie-Ange Colin je connais bien moi aussi l'espace des peurs que cela engendre. Et il me reste difficile parfois de ne pas laisser ces peurs m'envahir. Je crois que souvent ma plus grande peur est liée à l'autre et au fait que tout pourrait se terminer, là, dans l'instant. J'ai grandi dans une famille où l'harmonie primait et où il y avait peu de conflits. Aujourd'hui j'apprends que le conflit peut être traversé sans qu'il détruise tout sur son passage et en sortir grandie. C'est un sacré chemin...

merci pour ton partage⭐

Sophie Lainault

C’est tellement dur de prononcer ce TAGADA dans ces moments !