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Sans adresse

Sans adresse

"Parfois, je me sens en colère et je ne sais pas pourquoi."

Cette phrase, nous l'avons entendue cette année. Celle qui l'a dite ne s'y est pas arrêtée, elle a continué. Elle n'est pas la seule à nous l'avoir confiée, cette colère sans adresse, qui ne vise personne en particulier et qui est là quand même.

Je connais un peu le sujet. J'ai été un colérique. Des colères noires, et après chacune je me sentais misérable.

Les émotions, j'ai surtout cherché à les éviter, et longtemps. C'est la pleine conscience, à la fin des années 2000, qui m'a appris à écouter mes sensations. Et petit à petit, j'ai appris à repérer le chemin de la colère dans mon corps.

Parce qu'elle a un chemin. Elle part de quelque part.

À force de la sentir venir, j'ai pu dire une phrase toute bête, à voix haute, avant que ça parte : "Là, je sens de la colère, j'ai besoin d'un moment pour l'extérioriser, je reviens quand je suis calmé."

Ça n'a rien de glorieux, et ça ne dit même pas contre quoi la colère est tournée. Seulement que je l'ai sentie arriver, et pour moi c'était déjà beaucoup.

Je ne sais pas pourquoi tu es en colère, toi, et ce n'est pas à moi d'avoir une explication.

Mais avant le pourquoi, il y a le où.

Où commence-t-elle, chez toi ?

Jean-Marc

Marie-Ange Colin

Je cherche encore...

Natasha Minck

Depuis toujours je ressens fréquemment de la colère en moi. C’est ma compagne invisible par laquelle je ne désire pas être accompagnée. Mais elle est toujours là, malgré des années de psychothérapie.

En te lisant, je me dis que le but n’est peut-être pas de la faire disparaître (ni forcément de séjour pourquoi elle est là, ce qui a été mon but pendant très longtemps), mais - effectivement - de la sentir venir. Car, sous l’effet de cette colère que je n’ai pas vue arriver, il m’arrive de dire des choses blessantes à des personnes que j’aime. Et, j’ai beau m’excuser lorsque l’accès de colère est retombé, j’ai blessé une personne que j’aimais.

J’aimerais arriver à la sentir venir et réussir à maîtriser ce qui va sortir de ma bouche ensuite. Je je suis sans doute pas assez reliée à mon corps ou peut-être que je manque de pratique, mais quand je la sens c’est qu’elle est déjà là 🥲

Danielle Collette

Au niveau du thorax, puis de la gorge et/ou de la mâchoire quand je cherche à me contenir en attendant le retour du calme

sylvia Masson

Cela commence toujours par de l'agacement et des reproches que je n'extériorise pas envers toute chose et toute personne qui croise mon chemin. Je m'agite et agis avec précipitation, mon flux parole devient coupant et haché. Alors je m'isole (quand c'est possible). La pleine conscience m'a grandement aidée : je n'ai plus de colères noires, ou seulement de façon très exceptionnelle