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Vous avez gagné un week-end

Vous avez gagné un week-end

Début octobre, je t'ai laissée devant une maison presque vide, avec des comptes à sec, un associé envolé, et moi effondré dans ma voiture. Je t'avais promis la suite.

La suite n'a rien d'héroïque.

Les mois suivants, je te l'ai dit, ont été une descente aux enfers. J'avais vingt-six ans et j'étais grillé sur la place de Lyon, auprès des experts-comptables, des notaires, des promoteurs, de tous ceux qui m'envoyaient des clients.

Alors j'ai pris des petits jobs de vente, pour m'en sortir. Dont un que j'ai détesté : vendre du "home sharing" par téléphone. Le principe était simple. Appeler des gens, leur annoncer "vous avez gagné un week-end", et les faire venir à une présentation.

Je n'étais pas à l'aise au téléphone. C'est peu de le dire. Ça reste une des missions les plus difficiles de ma vie, et j'en ai connu quelques autres depuis.

Ce qui m'a relevé, c'est un homme.

Le père de ma future épouse était agent d'assurance. Il montait un cabinet : du courtage en assurance, de l'immobilier, de la gestion de patrimoine. Et il m'a proposé de le rejoindre. Moi. Le type grillé qui vendait des week-ends par téléphone.

Je ne sais pas ce qu'il a vu. Je sais que c'est sa confiance qui m'a aidé à m'en sortir. Je l'écris aussi simplement que ça parce que c'est aussi simple que ça.

J'avais essayé de m'en tirer seul, à coups de petits boulots. Il a fallu quelqu'un qui croie en moi avant que j'y arrive moi-même.

Qui a cru en toi un jour où tu n'y arrivais plus ?

Jean-Marc

sylvia Masson

Me suis-je autorisée à voir si quelqu'un croyait en moi ?